Projet de requalification du chemin du plâtre et de création de la rue du parc : un calendrier ajusté pour mieux préserver la biodiversité

Le démarrage des travaux, initialement prévu au printemps 2025, a été repoussé afin de garantir la prise en compte des enjeux de biodiversité présents sur le site et ainsi inscrire le projet dans une démarche exemplaire en termes de conformité à la réglementation environnementale.

Avant toute intervention, une étude faune-flore, dite diagnostic écologique, a été menée sur une année complète, de septembre 2024 à septembre 2025, afin d’identifier les espèces animales et végétales présentes sur le périmètre élargi de l’opération. Ces données ont permis d’adapter le projet et d’étayer les divers dispositifs et actions relevant de la séquence « Éviter, Réduire, Compenser » (ERC), qui visent à limiter au maximum les impacts du projet sur les milieux naturels.

Des mesures de préservation spécifiques seront ainsi mises en place, aussi bien en phase de préparation du chantier, que pendant les travaux et après la livraison de la nouvelle rue du Parc et du chemin du Plâtre réaménagé. Elles concernent notamment la protection des habitats, l’installation de nouveaux gites et nichoirs, la minimisation des nuisances lumineuses, ou encore l’adaptation des pratiques pendant le chantier.

Conformément aux préconisations, les travaux ne pourront débuter qu’à la période la plus favorable pour la faune, soit en septembre ou en octobre 2026. Ce choix garantit que les interventions se dérouleront en dehors des périodes sensibles de reproduction et de nidification, et avant l’hibernage de certaines espèces.

Ce décalage du calendrier de réalisation du projet témoigne de la volonté municipale de concilier développement territorial et préservation du patrimoine naturel, valeur ajoutée exceptionnelle en cœur de ville qu’il était indispensable de préserver et conforter.

Les espèces observées sur le site par les écologues

Flore remarquable présente sur le site

 

  • Exemples de mesures qui seront mises en place pour la protection de la biodiversité :

Suivi écologue

En amont du chantier, il est prévu la mise en place de mesures avec l’aide d’un écologue afin de préserver la biodiversité présente sur le site. A titre d’exemple, des filets de protection seront mises en place autour des sites de prédilection des amphibiens afin qu’ils n’entrent pas en collision avec les engins de chantier ou ne viennent pondre dans les ornières du chantier.

Pendant toute la durée des travaux, une visite mensuelle d’un écologue est prévue afin de suivre les mesures mises en place et de les adapter au besoin.

Enfin, pour vérifier l’efficacité des mesures de protection de la faune et des aménagements mis en place pour les différentes espèces présentes sur le site, des suivis réguliers seront réalisés pendant plusieurs années après la fin des travaux. Ces observations seront conduites sur une durée globale de 10 années. Pour l’avifaune par exemple, elles permettront de suivre l’occupation des nichoirs en avril et mai. Pour le Sphinx de l’épilobe, il s’agira de comptabiliser les chenilles sur leurs plantes nourricières en juin. Chaque année de suivi (N+1, N+2, N+5 et N+10), il est prévu de réaliser au moins six visites de terrain pour suivre l’ensemble des dispositifs mis en place. Les méthodes de suivi seront identiques d’une année sur l’autre (mêmes dates, conditions météo, points d’observation) afin d’obtenir des résultats comparables.

Défavorabilisation des gîtes

Certaines cavités dans les arbres peuvent servir de refuge aux chiroptères (chauves-souris). Pour éviter de les mettre en danger, une procédure – la défavorabilisation des gîtes – sera mise en place avant l’abattage des 2 ou 3 arbres directement impactés par le projet.

Un écologue viendra contrôler chaque arbre avant les travaux, à l’aide d’un appareil (endoscope) permettant de regarder à l’intérieur des cavités. Si aucune chauve-souris ou trace d’occupation n’est trouvée, les trous seront provisoirement bouchés avec un matériau adapté, le temps de l’abattage, puis ce dispositif sera retiré. Si des chauves-souris sont présentes ou si leur présence est soupçonnée, un système « anti-retour » sera installé, telle une bâche lisse fixée de manière à ce que les animaux puissent sortir mais ne puissent plus revenir dans la cavité.

Ce dispositif devra être en place et efficace au moins 72 heures avant le début des travaux afin de laisser le temps aux chauves-souris de quitter les cavités.

Plantation d’essences locales

Une attention particulière sera portée aux essences des végétaux qui seront plantés. L’objectif est de favoriser les plantes indigènes et produites localement qui ont ainsi de meilleures chances de croissance sur le site du projet. Les essences endémiques (propres à une région) sont mieux adaptées au climat et au sol locaux et ont de meilleures capacités d’adaptation, de reprise et de croissance naturelle sans intervention humaine. Elles établissant des relations écologiques avec les espèces animales locales auxquelles elles offrent nourriture et abris et renforcent ainsi la biodiversité. Enfin, il convient de limiter le risque d’introduction d’espèces exotiques envahissantes qui pourraient déséquilibrer l’écosystème.

Aménagement de bassins de rétention et alimentation de la mare forestière existante

Le projet prévoit la création de deux bassins de rétention des eaux pluviales :

  • Le premier sera implanté au carrefour de Vareilles, sur une superficie de 248 m², pour un volume de 111 m³.
  • Le second bassin prendra place au centre du parking situé à l’intersection de la nouvelle rue du Parc et de la rue Amédée-Bonnet. Il présentera une surface de 50 m² et un volume de 23 m³.

Compte tenu de la hauteur de la nappe phréatique, ces bassins resteront peu profonds. Ces ouvrages auront pour fonction principale le stockage temporaire des eaux en vue de leur infiltration progressive. En cas de fortes précipitations, un dispositif de surverse permettra l’évacuation des eaux vers le Gardon. Par ailleurs, leur aménagement paysager et leur végétalisation favoriseront la création d’habitats propices à la biodiversité locale, contribuant ainsi à la préservation et au renforcement des espèces présentes, tant floristiques que faunistiques.

Le projet prévoit également de réalimenter une mare forestière existante, actuellement peu souvent en eau. Dans un premier temps, le désenvasement de celle-ci permettra de restaurer une surface d’eau libre plus importante tout en préservant les espèces présentes. À terme, une fois le projet réalisé, les eaux pluviales du chemin du Plâtre seront dirigées vers cette mare, après avoir transité par des dispositifs de rétention enterrés sous la chaussée et un séparateur d’hydrocarbures, garantissant ainsi la qualité des eaux rejetées dans le milieu naturel.

Passage sous voirie pour la petite faune

Ce type de passage pour la faune s’apparente à un petit tunnel aménagé sous la chaussée pour permettre notamment aux amphibiens (crapauds, grenouilles, salamandres) mais également à toute une petite faune variée de traverser sans se faire écraser. C’est un passage souterrain spécialement conçu pour relier les zones de vie et de reproduction séparées par une infrastructure. Cet aménagement agit tel un “corridor écologique” qui rétablit la continuité du milieu naturel.

Hibernaculum et haies sèches

L’hibernaculum et les haies sèches sont des abris, naturels ou artificiels, qui servent de refuge d’hivernage (et souvent de refuge annuel) pour les reptiles, amphibiens, petits mammifères et autres petites espèces.

L’hibernaculum se compose d’un amas organisé de matériaux (pierres, branchages, souches, graviers…) sous lequel les animaux peuvent se cacher, se protéger du gel, se réchauffer au soleil et parfois se reproduire. C’est donc un “gîte d’hiver” qui reconstitue un petit habitat naturel dans les jardins, parcs ou bords de routes, pour compenser la disparition de refuges sauvages.

La haie sèche, andain de branches mortes, à la façon d’un hôtel à insectes, sert d’abri et de gîte pour les insectes, petits mammifères. Quantités d’oiseaux sont également susceptibles d’y nicher et même d’y nidifier.

Gîte à chauve-souris

Un gîte à chauve-souris est un abri, naturel ou artificiel, qui sert de lieu de repos, de reproduction ou d’hibernation pour les chauves-souris, en remplacement ou en complément de leurs refuges naturels (combles, fissures de murs, cavités d’arbres, rochers, etc.). Le gîte à chauve-souris permet aux chauves-souris de s’accrocher, se cacher dans l’obscurité et bénéficier d’une température suffisamment stable et douce. Il est prévu la pose d’une dizaine de gite sur les arbres du site.

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